J’ai passé une nuit ​Au Poste !​ avec Quentin Dupieux

 
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Un poste de police c’est comme une salle de cinéma. On vous installe plus ou moins confortablement dans un fauteuil afin de vous interroger, on prend des coups, on ne comprend pas toujours pourquoi on est là, on vous cuisine, on tente de vous surprendre, le but est de vous évader et bien souvent, on y croise des policiers. C’est le cas du dernier film de Quentin Dupieux, cinéaste indépendant français longtemps exilé à Los Angeles qui signe son retour dans la mère patrie du cinéma avec Au Poste ! une comédie aussi absurde que singulière. L’affiche du film, le mobilier et le port de la moustache plantent la scène dans commissariat classique des années 70, dans lequel un certain Fugain (Grégoire Ludig du Palmashow) clame son innocence devant un vieil inspecteur (Benoît Poelvoorde) dont les traits et l’uniforme semblent usés par les nombreux interrogatoires et les nuits blanches passées au poste. On est bien loin de Wrong Cops sorti en 2013, dans lequel des flics amateurs de techno complètement allumés dealaient de l’herbe dans des rats morts. Musicien et producteur de musique électronique sous le pseudo de Mr.Oizo dans une vie parallèle, le réalisateur a profondément allégé la bande originale de son film : “Ici la musique c’est les dialogues”. Longtemps enfermé dans la cellule film d’auteur, Quentin Dupieux s’attaque à une drôle d’institution, la comédie française, avec de sérieux arguments. Outre son incroyable capacité à marcher sur le fil d’une réalité mouvante, tissé par un jeu toujours très fin entre l’ordinaire et l’excentrique, le cinéaste a affiché ouvertement des références solides, on pense au culte Le Magnifique avec Jean-Paul Belmondo, à Garde à vue de Claude Miller, et aux dialogues tranchants des films de Bertrand Blier. On attend avec impatience Le Daim, prochaine étape de sa conquête du cinéma français, dont la sortie est prévue courant 2018.

Lucas Aubry

 
 
 
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Lisa Marguenot