Sélection Un certain regard : les 4 films qui nous tentent

 

Jeanne - Bruno Dumont

Le pitch : année 1429. La Guerre de Cent Ans fait rage. Jeanne, investie d’une mission guerrière et spirituelle, délivre la ville d’Orléans et remet le Dauphin sur le trône de France. Elle part ensuite livrer bataille à Paris où elle subit sa première défaite. Emprisonnée à Compiègne par les Bourguignons, elle est livrée aux Anglais. S’ouvre alors son procès à Rouen, mené par Pierre Cauchon qui cherche à lui ôter toute crédibilité. Fidèle à sa mission et refusant de reconnaître les accusations de sorcellerie diligentées contre elle, Jeanne est condamnée au bûcher pour hérésie.

Le plus : après Jeannette, comédie musicale façon opéra-rock sur l’enfance de Jeanne d’Arc, Bruno Dumont revient avec un second volet qui raconte la suite de ses aventures, toujours adapté des écrits de Charles Péguy. Cette fois-ci, il ne s’agit pas d’une comédie musicale, même si la musique prend une place très importante dans le film, composée et interprétée par le chanteur Christophe. C’est encore l’étonnante Lise Leplat Prudhomme qui, à seulement 12 ans, incarne brillamment Jeanne d’Arc, bien que cette dernière ait 19 ans au moment de l’histoire. Et c’est d’ailleurs cette audace propre à Bruno Dumont qui nous attire, lui qui utilise encore du grotesque et des anachronismes pour nous plonger dans son univers si singulier.

Le prix : Mention spéciale du Jury (ex aequo avec Bull de Annie Silverstein).

Les séances : Mercredi 29 mai 15h20, Dimanche 2 juin 19h40


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Chambre 212 de Christophe Honoré

Le pitch : après 20 ans de mariage, Maria décide de quitter le domicile conjugal. Une nuit, elle part s’installer dans la chambre 212 de l’hôtel d’en face. De là, Maria a une vue plongeante sur son appartement, son mari, son mariage. Elle se demande si elle a pris la bonne décision. Bien des personnages de sa vie ont une idée sur la question, et ils comptent le lui faire savoir.

Le plus : Christophe Honoré semble s’imposer avec cette comédie du remariage inattendue, avec sa touche bien française, loin des films hollywoodiens. Il offre à Chiara Mastroianni un rôle féminin qui est plutôt un cliché masculin et séduit les critiques grâce à une sorte de théâtre de la vie de cette femme dans lequel s’invitent une multitude de personnages de son passé. En somme, Chambre 212 est un film idéal pour se divertir, sans oublier de mentionner la suite du casting : Vincent Lacoste, Benjamin Biolay, Camille Cottin.    

Le prix : prix d’interprétation remis à Chiara Mastroianni

Les séances : samedi 1er juin à 20h et lundi 3 juin 17h50

 

La Vie invisible d'Eurídice Gusmão de Karim Aïnouz

Le pitch : Rio de Janeiro, 1950. Euridice, 18 ans, et Guida, 20 ans, sont deux sœurs inséparables. Elles vivent chez leurs parents et rêvent, l’une d’une carrière de pianiste, l’autre du grand amour. À cause de leur père, les deux sœurs vont devoir construire leurs vies l’une sans l’autre. Séparées, elles prendront en main leur destin, sans jamais renoncer à se retrouver.

Le plus : ce mélodrame brésilien a particulièrement séduit le Jury. Il aborde la question de la condition des femmes dans les années 50 au Brésil. Malgré quelques longueurs remarquées, la relation entre ces deux sœurs fait sensation et émeut grâce à une direction artistique performante. Les spectateurs ont ri, pleuré, vibré et sont ressortis de ce film avec un seul mot à la bouche : “sublime”.

Le prix : prix Un certain Regard

Les séances : dimanche 2 juin 13h20, mardi 4 juin 16h et 20h45

 

Papicha de Mounia Meddour

Le pitch : Alger, années 90. Nedjma, 18 ans, étudiante habitant la cité universitaire, rêve de devenir styliste. À la nuit tombée, elle se faufile à travers les mailles du grillage de la Cité avec ses meilleures amies pour rejoindre la boîte de nuit où elle vend ses créations aux "papichas", jolies jeunes filles algéroises. La situation politique et sociale du pays ne cesse de se dégrader. Refusant cette fatalité, Nedjma décide de se battre pour sa liberté en organisant un défilé de mode, bravant ainsi tous les interdits.

Le plus : le premier long-métrage de Mounia Meddour est reparti bredouille du Festival de Cannes même s’il a été vécu comme une véritable claque par de nombreux festivaliers. La projection s’est d’ailleurs terminée sur un tonnerre d’applaudissements durant dix minutes. En s’inspirant de sa propre histoire, la réalisatrice nous présente une héroïne libre, courageuse et inspirante, qui bouleverse.

Les séances : jeudi 15 mai 15h40, samedi 1er juin 17h50.

 
 

Par Lisa Marguenot publié le 29/05/2019