Quand Fellini rêvait de Picasso...

 
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Je vais être honnête, le cinéma italien n’est pas vraiment une passion. Après avoir passé plusieurs heures de cours sur le néoréalisme italien avec Rossellini et avoir subi, plus que réussi, un partiel là-dessus, je n’avais pas vraiment envie d’approfondir mes connaissances. Mais je suis quand même allée à La Cinémathèque française, et vous devriez faire de même. Nul besoin de connaître la filmographie de Fellini (même si vous trouverez ça d’autant plus intéressant) pour apprécier cette exposition. À vrai dire, même si vous n’aimez pas particulièrement Picasso et que ses peintures vous semblent incompréhensibles, cela vaut le coup. Parce que cette exposition vous permet de découvrir toute l’étendue du talent du peintre et de comprendre que son œuvre ne se résume pas à Guernica ou aux périodes bleue et rose.

En effet, l’artiste n’est pas seulement peintre et savait faire autre chose que du cubisme. Dans une scénographie très travaillée s’exposent donc des peintures peu connues, des dessins à l’encre de chine ou encore des gravures utilisant différentes techniques, notamment de somptueuses eaux-fortes (gravure à l’acide sur du cuivre pour les chanceux qui n’auraient jamais vu ça en cours) qui révèlent la pureté de la ligne et le sens du détail de Picasso, qui ne sautent pas forcément aux yeux dans ses travaux les plus connus du grand public. C’est également l’occasion de voir un extrait du documentaire Le Mystère Picasso, d’Henri-Georges Clouzot, qui représente le peintre en pleine création et qui est, avouons-le, assez bluffant et révélateur de la vision si particulière qu’il faut à un homme pour s’imposer comme un artiste.

Pablo Picasso. Femme debout de dos, Paris, 1908. Encre noire et crayon sur papier, 47,5 x 32 cm © FABA Photo: Marc Domage © Succession Picasso 2019

Pablo Picasso. Femme debout de dos, Paris, 1908. Encre noire et crayon sur papier, 47,5 x 32 cm © FABA Photo: Marc Domage © Succession Picasso 2019

Federico Fellini. Maquette du costume de Matilda pour son film  Les Nuits de Cabiria , 1957. Aquarelle et stylo-bille sur papier, 52,6 x 42,6 cm © ADAGP, Paris, 2019

Federico Fellini. Maquette du costume de Matilda pour son film Les Nuits de Cabiria, 1957. Aquarelle et stylo-bille sur papier, 52,6 x 42,6 cm © ADAGP, Paris, 2019

L’exposition permet aussi de découvrir les influences et inspirations communes des deux artistes, comme l’Antiquité, les fêtes foraines et la place importante accordée à la figure de la femme dans leurs œuvres. À propos de l’Antiquité, je vous laisse le soin de trouver la représentation de Picasso en Minotaure à short à rayures rouges (très très typique de l’artiste quand on a déjà eu l’occasion de voir quelques photos de lui) qui m’a arraché sourire. Il aimait s’associer à cette figure mythologique qu’il considérait comme un symbole de virilité et de masculinité...

Le cinéaste n’est quant à lui pas en reste niveau talent de dessinateur, ayant commencé sa carrière en tant que caricaturiste. Vous pourrez donc feuilleter le magnifique Livre de mes rêves de Fellini dans lequel, sur une idée de son psychanalyste, il a consigné et illustré plus de trente ans de rêves, et notamment trois dans lesquels Picasso lui est apparu et l’a conseillé.

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En somme, même si vous n’aimez ni Fellini ni Picasso, l’exposition vaut le détour rien que pour le plaisir des yeux, pour se rendre compte des liens étroits qui se tissent entre les différents médiums artistiques et bien sûr, pour découvrir ce lieu emblématique qu’est La Cinémathèque française.

 
 

Par Margaux Radepont, publié le 23/04/2019

 
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Du 3 avril au 28 juillet 2019,

À La Cinémathèque française, de 11h à 20h sauf le mardi,

Plein tarif : 11€

Tarif réduit : 8,50€

Moins de 18 ans : 5,50€

 
 
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