Oscar et la dame rose : histoire d'un petit "Crâne d'oeuf"

 
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Oscar, Peggy Blue, Bacon, Pop corn, Einstein…

C’est ce petit groupe d’enfants malades qui anime tout le récit d’Emmanuel Schmitt, avec au cœur de l’aventure, Oscar, 10 ans, atteint d’une leucémie.  

La maison d’Oscar : le service de l’hôpital où il est soigné. Plus d’école, plus de repas en famille, plus de sport, de musique… le quotidien du petit garçon est rythmé par ses séances de chimiothérapie, les repas communs avec les autres du service pédiatrique, et les visites de ses parents tous les dimanches.

Lorsqu’Oscar comprend qu’il va bientôt mourir, son destin se voit chambouler, plus par l’arrivée de Mamie Rose, infirmière du service, que par l’annonce de cette douloureuse nouvelle.

Ancienne catcheuse (cette information est une énigme tout le long du roman), Mamie Rose décide de magnifier les 12 dernières journées de Crâne d’oeuf, grâce à un jeu : chaque jour, Oscar grandit de 10 ans.

Tantôt amoureux de Peggy Blue, autre enfant à l’apparence bleu puisque atteinte du syndrome d’Eisenmenger,  tantôt ennemi de Pop corn, petit garçon obèse, ou coincé par Bacon, grand brûlé, Oscar grandit vite et s’aide pour cela des lettres qu’il écrit à Dieu.

Très loin d’être une apologie de l’espoir que peut donner une religion, Oscar et la dame rose, raconte l’histoire d’un petit garçon qui à l’annonce de sa mort, décide de croire.

Oscar se construit un imaginaire, avec des personnages bien réels qui guérissent pour certains, et dont l’état ne s’améliore pas pour d’autres. Eric Emmanuel Schmitt parvient à nous faire pénétrer dans l’univers que se crée le petit garçon : espérer sa guérison, pleurer sa mort,  s’énerver contre ses parents, adorer Mamie Rose, aimer éperdument Peggy Blue… nous intégrons à ses côtés, le service de l’hôpital.

D’abord englouti par le quotidien d’Oscar, c’est peu après la lecture que toute la dimension documentaire et philosophique du récit nous saute aux yeux. L’ouvrage considère la situation des 1500 enfants atteints d’un cancer et qui décèdent chaque année en France.

L’investissement du personnel hospitalier qui accompagne ses enfants, médicalement et psychologiquement, transparaît aussi à la lecture, avec le personnage touchant et parfois dur de Mamie Rose. Mais c’est surtout cette dérision constante qu’utilise l’auteur pour envisager un sujet difficile, qui fait du roman un récit drôle, attachant, pourtant bordé de messages de sagesse et de vertu.

Eric Emmanuel Schmitt nous surprend aussi avec des surnoms que nous pouvons trouver cruels (Cf Crâne d’oeuf, Bacon, Einstein), mais qui nous font sourire quelque part. Chaque petit détail de l’univers d’Oscar, devient une grande leçon d’humilité, qui nous questionne sur les enjeux de notre existence.  

Oscar, Peggy Blue, Bacon, Pop corn, Einstein…le visage de chacun de ces enfants apparaît dans notre esprit. Nous les dessinons à mesure que nous apprenons à les connaître, entre rires, pleurs et excitations.

 
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LE PLUS

Le plus : le livre se dévore en trois heures ; et pour les cinéphiles, il est adapté au cinéma avec Michèle Laroque dans le rôle de Mamie Rose !

 
 

Par Solène Bisaga, publié le 26/02/2019

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