Quand les invisibles deviennent visibles !

 
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Les invisibles sont les femmes dont Louis-Jean Petit raconte l’histoire. Sans domicile fixe, sans abri, clochardes, abrégées SDF, invisibles… Plus pour longtemps.

C’est près de Lille que nous rencontrons plusieurs femmes se rendant chaque matin au centre de jour L’envol. Nous découvrons avec stupeur le fonctionnement des douches, des repas, des couchettes de repos : tout est rationné. C’est le quotidien de toutes qui nous impressionne et nous étonne. Une dose de shampoing, une dose de gel douche, de dentifrice, un temps de douche, un temps de téléphone, un ticket de bus…

Louis-Jean Petit décrit le fonctionnement social du refuge entièrement dédié à ces invisibles et encadré par une équipe essentiellement féminine.

À l’appel de la fermeture des portes du centre, l’ensemble de l’équipe agit, avec courage et conviction, pour la réintégration sociale de toutes les femmes qui fréquentent le centre. La seule condition : leur envie d’avancer.

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C’est ainsi que magouilles et falsifications deviennent les secondes armes des assistantes sociales pour soutenir les femmes du centre à trouver un emploi. Lady Di, Amel Bent, Céline Dion nous amusent et nous autorisent discrètement à rire devant cette comédie qui révèle un réel problème de société.

C’est avec beaucoup d’émotions que nous assistons à des scènes marquantes d’expulsions, ou de confrontations, mais jamais trash, jamais trop insoutenables. Le réalisateur signifie et nous laisse deviner ce qui peut arriver à toutes ces femmes, sans pour autant le filmer. La suggestion suffit à nous faire comprendre leur quotidien de violence. Louis-Jean Petit s’attache plus à nous emmener dans leur moment de solitude, dans leur histoire respective, et dans la bataille des professionnelles sociales.

Et le quotidien dans lequel le réalisateur nous plonge décrit la lutte permanente de toutes les femmes vivant dans la rue, de plus en plus nombreuses (environ 66% d’augmentation du nombre des sans domicile fixe, en 10 ans), en France. Près de 5 000 d’entre elles, vivent dans les rues de Paris et n’accèdent pas aux aides du Samu Social.

La sincérité du film est mené tant par le jeu de comédiennes professionnelles comme Audrey Lamy, Corinne Masiero, Noémie Lvovsky, et Déborah Lukumuena incarnant l’équipe du centre ; que par des comédiennes amateurs, femmes invisibles de la rue, interprétant leur propre situation au sein du film.

Pas de « feel good movie » mais une chose est certaine, les invisibles deviennent visibles !

 
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LE PLUS

La re-découverte de Corinne Masiero dans un rôle touchant, où nous oublions complètement la Capitaine Marleau et qui traduit le grand talent de l’actrice.

 
 

Par Solène Bisaga, publié le 27/02/2019

 
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